Agent au travail, 2e partie : trois assistants, une application
Diriger le code

Dans Agent au travail, j’ai décrit ma première expérience avec Grok Bot : un assistant qui a éliminé des milliers de photos en double de ma photothèque Amazon Photos sans que j’écrive une seule ligne de code. Je terminais en me demandant si c’était vraiment de la « programmation ». Ma réponse : c’était plutôt de la direction.
Cette fois, je voulais un test plus exigeant. Ce genre de bot pouvait-il m’aider avec du vrai code, dans une application que j’avais déjà écrite ?
L’application
Comme projet d’apprentissage, j’ai créé une petite application pour téléphone Android. On prend en photo l’étiquette de prix écrite à la main sur un article dans un magasin d’antiquités. L’application utilise Grok, l’intelligence artificielle de xAI, pour lire le prix, le code de l’article et le vendeur, puis elle ajoute les taxes et imprime une facture. Elle fonctionnait, mais elle était encore brute. Un patient parfait pour l’expérience.
Créer le bot : simple et rapide
J’ai décrit ce que je voulais en une phrase : aide-moi avec le projet Antiques Accounting sur mon ordinateur. Quelques minutes plus tard, AntiquesAccounting Bot était prêt.
Il y a eu un pépin, et je vais être honnête. Au début, le bot ne « voyait » pas mon PC. L’application Grok Bot sur mon ordinateur devait s’y connecter, et il a fallu quelques échanges de messages avant que ça fonctionne tout d’un coup. Ensuite, tout a roulé. La patience est votre alliée.
Lire et comprendre mon code
Ma première demande était simple : « révise le projet ». En quelques minutes, le bot m’a réexpliqué ma propre application en langage clair. Il m’a dit ce que faisait chaque partie, où les taxes étaient calculées et comment la facture était construite. Il a aussi fait remarquer, poliment, que presque tout était entassé dans un seul fichier.
Puis il a posé de bonnes questions, celles qu’un consultant réfléchi poserait. Est-ce que ça va fonctionner sur un seul téléphone ou sur plusieurs ? Avez-vous besoin d’un historique des ventes ? Lequel des deux noms contradictoires de l’application est le bon ?
Des suggestions qui comptaient
Le bot est revenu avec une courte liste, par ordre de priorité. Certains points étaient de vrais risques : si Grok répondait de façon un peu inattendue, l’application plantait ; si le téléphone fermait l’application au milieu d’une vente, tout était perdu ; trois faux articles « d’exemple » pouvaient se retrouver sur la facture d’un vrai client. D’autres relevaient du ménage, comme du vieux code inutile qui grossissait l’application.
Ce qui m’a le plus impressionné, c’est sa réflexion sur la conception. Quand j’ai mentionné que le magasin compte beaucoup de vendeurs, il a proposé une ligne par article dans le fichier d’exportation, pour pouvoir répartir les ventes par vendeur. Quand j’ai dit « ces données valent de l’or », il a conçu une approche sûre : l’exportation n’efface jamais rien, le ménage est une étape séparée qui demande une confirmation, et une copie de sauvegarde est faite d’abord.
La vitesse du changement
J’ai fixé une règle simple : un changement précis à la fois, je le teste sur mon téléphone, et seulement quand je dis « enregistre et envoie » (« commit and push ») le bot le sauvegarde dans ma bibliothèque de code en ligne, GitHub.
Le bot a respecté cette règle à chaque fois. En environ une journée, nous avons fait sept changements :
- L’application lit maintenant les étiquettes de façon fiable, même sur des photos prises à l’envers. Celle-là m’a surpris !
- Une vente en cours survit à la fermeture de l’application.
- Chaque vente est sauvegardée et peut être exportée dans un tableur, par date.
- Les erreurs affichent maintenant des messages clairs comme « Pas de connexion Internet » au lieu de charabia, et il y a un bouton Annuler.
- L’application a rapetissé d’un tiers. Elle se charge plus vite.
- Les instructions du projet ont été réécrites en conséquence.
À un moment, l’application plantait dès son démarrage. Le bot a lu le rapport de plantage directement sur mon téléphone, a trouvé que la cause était un bogue connu dans les outils de Microsoft plutôt que dans mon code, a fait le ménage et l’a remise en marche en quelques minutes. J’y aurais passé un après-midi.
Un deuxième assistant dans la pièce
Voici la partie que je trouve la plus intéressante. Pendant que le bot travaillait, j’avais aussi Claude, un assistant IA intégré à Visual Studio par GitHub Copilot, ouvert sur mon PC. Je m’en servais pour des ajustements pratiques, comme trouver les bonnes versions des composantes de base de données dont l’application avait besoin, et pour un peu de mise en ordre du code.
Les deux ne se sont jamais nui. Avant chaque nouveau changement, le bot relisait les fichiers, remarquait ce que Claude et moi avions modifié, et le conservait.
Trois assistants, une équipe
Avec du recul, chacun avait un rôle clair :
- Le bot lisait, révisait, concevait, faisait les changements, les vérifiait et les sauvegardait.
- Visual Studio et Claude s’occupaient des ajustements fins, là où j’écris le code.
- Moi, j’apportais le contexte (comment fonctionne le magasin, ce qui compte), je testais sur le vrai téléphone et je prenais chaque décision.
Ma bibliothèque de code, GitHub, servait de cahier partagé qui gardait tout le monde sur la même longueur d’onde.
Alors, le magasin va-t-il l’utiliser ?
Probablement pas, et c’est très bien ainsi. Le magasin est content de son carnet de factures papier, travaille avec des marges minces et fait affaire avec des vendeurs pour qui le papier est roi. Et à 84 ans, je n’ai pas tellement envie d’être de garde sept jours sur sept. Le but était d’apprendre, et j’ai beaucoup appris. Utiliser Grok pour lire des étiquettes écrites à la main a été une vraie percée.
Ce que cela signifie pour vous
Dans mon premier billet, je disais que la compétence passe de connaître la syntaxe à savoir énoncer clairement le résultat voulu. Cette expérience m’a convaincu que c’est vrai même pour de vrais logiciels. Je n’avais pas besoin de connaître chaque détail du code. J’avais besoin de savoir ce que je voulais, de tester le résultat et de dire oui ou non.
Si vous avez une idée de petite application, ou une qui dort dans un tiroir, c’est le moment idéal pour la dépoussiérer. Pas besoin d’être programmeur pour en diriger une.
Bon bottage !